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Du 25 octobre au 30 novembre 2008

Quand il arrive dans son atelier, c'est comme s'il entrait dans une forêt silencieuse, peuplée de choses qui veillent qui guettent l'invisible : machines éparses aux fils comme des lianes tortueuses, plaques d'acier, amoncellements faits de chutes de métal découpé, dentelé, poussière de fer en suspension, qui rouille là où elle se dépose, odeur âcre...

Il entre dans ce lieu, empli de ses matières à lui, impalpables. Ce sont des événements, émotions, chocs, désirs, manques, souvenirs, parfois plus anciens que lui-même...

Le deuxième pas dans le demi-sommeil de l'atelier n'est autre qu'un geste, celui de ses mains se posant sur ces choses, se mettant à les triturer, les positionner.

Physiquement, le dialogue prend corps et vie, dans le bruit des disqueuses, des meuleuses, le crépitement des baguettes de soudure, les arcs électriques qui éblouissent, la fusion des matériaux isolée dans la lucarne du masque protecteur comme dans un creuset d'alchimie.
Attaquer, découper, chauffer, tordre, arquer, plier...

Les agencements, les constructions proviennent de tous ces hasards des commencements, de l'indéterminé, des haillons accrochés aux rêves.
Il tient compte du vide, des transparences...Il place le tout en apesanteur pour en tester l'équilibre ; il le conservera parfois dans sa menace de rupture.
Les volumes qui naissent peu à peu - objets non identifiables - s'ils lui imposent leurs règles et leurs contraintes stimulent aussi son imagination. Une histoire se trame entre eux et lui.
Souvent cette narration se résume dans le nom qu'il donne à l'objet abouti. Mais ce n'est qu'une proposition, un pari sur un sens posssible !
Des jours, des heures de travaux pour bâtir cette histoire jusqu' à son apaisement. Il efface minutieusement les traces des soudures, polit, cire les objets pour qu'ils deviennent des sortes de corps, désirables au toucher.

Maïté Caumont.

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