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Du 16 mai au 14 juin 2009

Bernadette CHARPENTIERL - peintures
Michèle MONDEILH- sculptures
Madeleine ALBEROLA - céramiques
Catherine PIERRARD - photographies

C’est à un moment de recueillement, un peu de rêverie silencieuse autant qu’à des découvertes et émotions esthétiques que nous convient les œuvres de ces quatre femmes créatrices. Le temps, avec une approche différente chaque fois est une chose qu’elles partagent, interrogent, et déclinent pour nous dans leur travail.

Le temps et sa cyclicité, sa presque éternité chez BERNADETTE CHARPENTIER dont la thématique habituelle des graines et saisons s’enrichit ici d’un geste d’offrande. Ex-voto  délicats, petits autels où d’humbles et menues choses de la nature semblent nous dire que c’est en elle, au milieu des arbres, des pierres et des eaux que peuvent s’apaiser souffrances et pertes cruelles, que la mort est essentielle à la vie, et que rien ni personne ne s’anéantit vraiment, mais que tout se transforme et continue à vivre, ailleurs, différemment.

Des envolées de tôles froissées, des danseuses de rouille, des anges atterrés dans leur acier corrodé, de vieilles et pathétiques dentelles d’emboutissage… C’est sur ces déchets de notre industrie que Michèle MONDEILH pose son regard et son attente. Ce sont ces choses mortes en quelque sorte, ces objets relégués, oubliés que la rouille efface chaque jour un peu plus, auxquels elle veut redonner vie en les métamorphosant, nous donnant à voir la lente modification des aciers sous l’oxydation, le temps à l’œuvre peu à peu dans ses œuvres.

Madeleine ALBEROLA est en quête d’une autre intemporalité, d’un temps différemment suspendu. Ses céramiques en grès, avec leur inachèvement voulu, leurs déchirures aménagées, ont l’archaïsme troublant de temps très anciens, du néolithique peut-être au cours duquel fut inventée la poterie sous les doigts des femmes. Ailleurs son geste rejoint la sculpture et modèle avec raffinement de discrètes et délicates coréennes qui savent mieux que nous dilater le temps jusqu’à enfermer les gestes les plus quotidiens dans une apaisante éternité : deux mains en coupe autour d’un bol de thé ou une branche fleurie recueillie dans un pot, tout se fond lentement dans le silence et le sacré.



Derrière le verre de son objectif Catherine PIERRARD sait elle aussi contempler et retenir la lenteur des choses et la beauté éphémère d’une feuille morte prise dans les glaces de l’hiver. Ses pierres, ses lichens, et ses bois, nous montrent une nature hésitant entre ses règnes, entre végétal et minéral, quand sous le poids de millions d’années les troncs se fossilisent et que les pierres se courbent et blanchissent patiemment.

Devant toutes ces œuvres notre admiration rejoint soudain l’intime. Quelque chose en nous retrouve le chemin d’une nature vivante et un peu oubliée, une forme de panthéisme premier. Et l’on voudrait d’ailleurs que cette exposition se fasse toutes portes et fenêtres ouvertes, afin que le murmure du gave et du canal tout proches puisse sur ces œuvres, comme le temps sur les êtres et les choses, couler doucement, très doucement...

Gérard BLASCO

communication

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