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Du 3 au 27 mars 2022

L'artothèque s'exposeNouvelle exposition à l'artothèque

"Le parti pris du pictural est un fondement de la Minoterie. La collection de l'artothèque laisse une place importante à la tradition d'une certaine peinture lyrique, gestuelle et spontanée. Autrement dit, à un certain épanchement du sentiment sans entrave que l'on observe sur la surface de chaque œuvre. Mais on aurait tôt fait d'opposer à l'évidence de cet héritage un art de la construction plus cérébral et plus structuré ne répondant pas au même code. On se pose souvent la question de savoir ce que peint l'artiste, et pourquoi il le peint. Le « comment » a probablement autant d'importance car il est le révélateur d'un processus à l’œuvre, le révélateur d'une manière de faire et souvent la clef d'une analyse et d'un ressenti. Cette part souvent invisible est fondamentale pour accéder à la substance du schéma.

 

Citons quelques exemples de poids : Kandinsky opposait l'improvisation à la construction, bien conscient que l'une était essentielle à l'autre, notamment dans l'exploration du champ de la couleur. Pour Miro, une phase intense d'observation de la place des objets dans l'espace, leur agencement concret, lui permettait d'entrevoir le tableau, de le voir s'échafauder en lui. Les expériences tous azimuts des débuts du XX  vont faire du processus d'élaboration de l’œuvre son fondement même, voire son sens. Les éclaboussures de Pollock figent dans l'immobilité une danse cosmique exaltée, une fusion frénétique entre le corps et le cosmos. Pour ressentir l'onde et le frémissement de l'eau, Monet peignait sur une barque. Pour peindre une pomme, Cézanne l'observait des heures, sous tous les angles, de près comme de loin pour pallier la déception du visible.
Pour Marcel Duchamp, l'artiste doit  se poser tôt ou tard la question de savoir ce qu'il fait, et il appartient au regardeur de reconstituer son langage, de scruter la peinture ou la sculpture à son point initial, au moment où elle se fait. Il y a en chaque œuvre de la collection une part d'improvisation et une part de conceptualisation. Une part de montage et une part d'imprévu. Ce savant dosage entre les deux révèle une intention, une inventivité. Il y a en toute œuvre un échafaudage, un temps, une histoire en creux."

Alain-Jacques Lévrier-Mussat

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