Audigeos Philippe

"Philippe AUDIGEOS s'impose des matériaux peu réputés par leur noblesse: cendre, charbon, bois brûlés, ciment, plâtres travaillés, fer, ocres, carton, papier utilitaire, chiffon etc...

Dans une belle relation tactile avec la matière brute, il associe tous ces matériaux, il s'efface quand ils réagissent à la peinture à l'affut d'accidents fortuits. "L'art doit naître des matériaux et, spirituellement, emprunter leur langage" disait superbement Dubuffet.

Un long travail de gestation est alors accepté et même souhaité. Le temps est ici un allié sûr.

Ou bien des accents d'ocre - traces, empreintes - imposés avec les doigts animent parcimonieusement des jeux de quadrilatères au fusain léger, ou bien des coulées de peinture comme des laves se prêtent à des empâtements ou des étirements qui convoquent la lumière. Des incisions, des grattages créent des territoires anciens ou nouveaux avec la complicité de signes immémoriaux.

La gamme chromatique est volontairement réduite à la recherche d'une unité tonale. Et toujours la couleur est indissociable de la forme.

Rien n'est gratuit, tout est essentiel. Cette œuvre à besoin de silence. Elle s'impose à vous avec une douce évidence...
Et l'on pense à Van Gogh: "La peinture se suffit à elle même. Nous ne pouvons faire parler que les tableaux".

Si l'humain n'est jamais suggéré par des formes, sa présence est partout, fortement comme dans les plis géologiques.

Il faut saluer hautement le travail authentique de Ph. Audigeos; autonome dans sa réalisation, cette peinture est ancrée dans la mémoire et elle ouvre tout aussi bien des portes et des fenêtres dans notre imaginaire. Longtemps, les œuvres cheminent en nous;"

René Trusses

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